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  • Passionné de la sécurité privée - Titulaire de la licence professionnelle "Sécurité des biens et des personnes option management" à l'Université Paris Descartes / SSIAP 1 à 3 / BP ATPS et CAP APS
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15 décembre 2015 2 15 /12 /décembre /2015 08:00

Filtrage, ouverture des sacs et palpations : cela doit-il durer, et jusqu’à quand ? Quelle est l’utilité de ces mesures de sécurité d’après-attentats ?

 

 

File d'attente devant le marché de Noël de Tours, place de la Gare. Le vigile demande à une femme d'ouvrir son manteau. Celle-ci répond du tac-au-tac : « Je vous préviens, j'ai rien en dessous ! » Sourires. Autre ambiance à l'entrée d'un magasin de la ville, où, là, un client refuse la démarche de l'agent de surveillance, hausse le ton, s'énerve. Ce ne sont que deux scènes cocasses sur le comportement des Tourangeaux vis-à-vis des mesures de sécurité les concernant depuis les attentats du 13 novembre. Dans leur grande majorité, les gens s'exécutent, résignés, acceptent le filtrage, les palpations.

" Cela rassure, sécurise mais ne protège pas "

Malgré tout, certains se crispent en ouvrant le blouson, rechignent, montrent leur agacement. A la porte du Vinci, pour le salon Vintage des 5 et 6 décembre, un agent admettait : « Il y a bien quelques grincheux. » Un sentiment de malaise est perceptible, autant chez les fouillés que chez des " fouilleurs " d'ailleurs, dont l'un d'eux observe : « Pas facile la palpation, délicat, sur les femmes notamment. » Et quand on croise des militaires en armes au cœur de Tours, cela « renvoie à des images de guerre » se désolent des passants.


Ce filtrage aux entrées des grands magasins et des lieux publics est-il encore utile aujourd'hui ? « Il rassure, sécurise mais ne protège pas. Il ne sert à rien » : c'est le commentaire qui revient dans la bouche de beaucoup de Tourangeaux interrogés. Et ce filtrage n'est pas organisé de façon uniforme. Aux meetings politiques pour les régionales, les uns faisaient appel à une société de gardiennage, d'autres à leurs seuls militants : « Si la réunion a lieu dans une salle de spectacle, on doit prendre des vigiles privés, sur ordre préfectoral », explique un organisateur. Dans les commerces, il n'y a pas de règles fixes, et peu de filtrage. Et si fouille il y a, elle est souvent très superficielle, seulement visuelle même parfois. Des grandes surfaces et galeries ont déjà allégé leur dispositif. Pas de contrôle humain non plus à l'entrée des bureaux de vote dimanche passé, sans doute pour ne pas raidir l'électeur. La police municipale est plus discrète.
Faut-il poursuivre ces fouilles, et si oui, jusqu'à quand ? Portent-elles atteinte à nos libertés ? « Il faut accepter les mesures prises mais que cela ne dure pas trop longtemps ! A chacun aussi de faire preuve de civisme, de contacter la police en cas de doutes », répond ce président d'une association de quartier de Tours-Nord. Un vigile privé conclut : « Après les fêtes, ces fouilles risquent d'être plus mal vécues encore qu'aujourd'hui ». Les commerçants du marché de Noël de Tours, eux, sont irrités.

 

 

Réflexes conditionnés

 

Toutes les fouilles du monde ne pourront pas empêcher un kamikaze de faire un carnage. Que l'on sache, l'entrée de Charlie était gardée par des policiers. Ce qui est en jeu dans un pays qui découvre l'état de guerre, c'est de conditionner la population pour qu'elle s'habitue aux contrôles fréquents et quotidiens. Grands magasins, salles de spectacles, lieux de culte… ouvrir son sac ou son manteau devient un réflexe assumé, peu contesté. Dans la foulée, les villes qui ont entendu l'angoisse de leurs administrés, y ajoutent caméras, portiques, brigades de surveillance. Reste à ne pas dépasser la dose de surveillance qui ferait passer la protection au stade de l'intrusion.

Olivier Pouvreau

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Publié par 83-629 - dans actusecu
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afsecure1 30/12/2015 14:07

Pas de policiers à l'entrée de Charlie mais apparemment (sous réserve) il y avait un véhicule de police avec deux policiers à bord à un coin de rue qui avait (sous réserve) le visuel sur l'entrée.
Le premier officier de sécurité tué était apparemment dans la salle de conf avec les journalistes. Le deuxième OS était absent (serait allé chercher à manger avant la tuerie et serait revenu ensuite). Tout cela sous réserve;
Les policiers avaient uniquement des armes de poings en 9mm contre des FS auto en 7, 62 soviet...ça fait un peu juste, non?

Philippe 15/12/2015 09:46

Faux!!! Il n'y avait pas de garde à l'entrée de Charlie
"Toutes les fouilles du monde ne pourront pas empêcher un kamikaze de faire un carnage. Que l'on sache, l'entrée de Charlie était gardée par des policiers....."

Luc 15/12/2015 08:58

La prévention c'est d'imposer un facteur humain dans le système de sécurité. C'est très efficace. Car un attentat doit réussir pour marquer les esprits sinon pour les terroristes c'est un double échec ( population rassurée de la sécurité en place et pas de mort donc on en parle pas plus d'un jour) . Aujourd'hui ils ont le choix vu que, dans la globalité, peu de magasin instaure la palpation.Demain, si tous les magasins la pratique, on pourra s'interroger sur son efficacité

roland 15/12/2015 08:26

Bonjour,
Bizarre.... je croyais que les palpations ne pouvaient être faites que par des agents du même sexe .... alors pourquoi peut-on lire: " le vigile demande à une femme d'ouvrir son manteau ..." ou "pas facile la palpation, délicat, sur les femmes notamment". Je n'ose croire que la réglementation n'est pas appliquée ???????????? Donc je suppose (à tort?) que l'arrêté préfectoral visé par le procureur et le règlement intérieur affichés à l'entrée du site n'existent pas ? et l'agrément préfectoral des agents ???? Pourtant le code de déontologie indique bien qu'il est interdit d'accepter des missions illégales ou non réglementaires ???????? et le CNAPS ? abonnés absents .....

Major Tom 15/12/2015 13:38

Re-bonjour. Si, si je l'ai très bien lu le texte. C'est d'ailleurs pour cette raison que j'ai souligné avant toute chose que "ce dernier (plan vigipirate) confère davantage de pouvoirs aux différents acteurs de la sécurité (publique et privée) et donc par extension... certains abus tolérés de tous."

Exemple d'argument qui circule dans le coin en ce moment: Aujourd'hui les entreprises privées de sécurité préfèrent recruter des Agent de Prévention et de Sécurité SANS l'agrément de palpation dans le seul but de les payer moins cher... Et de justifier cela en disant que c'est le plan vigipirate qui l'exige. Et puis comme ils n'ont pas l'agrément, ils ne remettent pas forcément en cause leurs acquis issus de l'habilitation. Et hop, le tour de magie est fini !

roland 15/12/2015 13:26

Bonjour Major Tom
Désolé, mais Vigipirate ne permet pas tout à des ADS. Et surtout pas des palpations sur des personnes d'un autre sexe ! Et même pas des fouilles de bagages, mais des inspections visuelles de bagages (dont ne font pas partie les sacs à main féminins d'ailleurs ...) Ensuite, non seulement les ADS doivent être agréés par le Préfet, mais un arrêté préfectoral visé par le procureur de la république doit être affiché à l'entrée du site, indiquant la cause des mesures, la durée, etc... Vous n'avez pas bien lu la foire aux questions du site ministère de l'Intérieur ... et n'oubliez pas que le code de déontologie vous oblige à conserver vos acquis de formation, au besoin à les améliorer (renouvellement de la carte pro soumise à recyclage d'ailleurs ...) donc pas d'erreur possible pour l'exécution des tâches professionnelles ....Amicalement.

Major Tom 15/12/2015 12:54

Roland, bonjour. Je suis entièrement d'accord avec vous, mais vous semblez oubliez que nous sommes en phase "vigipirate" et que ce dernier confère davantage de pouvoirs aux différents acteurs de la sécurité (publique et privée) et donc par extension... certains abus tolérés de tous.

Si je ne me trompe pas, en phase vigipirate, les agents de prévention et de sécurité peuvent réaliser des fouilles des bagages à main à l'entrée des magasins sur la base des instructions ministérielles du 26 septembre et du 30 septembre 2014:
"Les forces de l’ordre, les douaniers, les agents de sécurité privés des opérateurs, les unités de sûreté de la SNCF et de la RATP, peuvent contrôler le droit à accéder à certaines zones. C’est notamment le cas des zones d’accès règlementé, ou des lieux d’accès payant (ex : contrôle de validité des billets d’accès).

Pour le contrôle d’accès de lieux ouverts au public, les vigiles et agents de sécurité privée, s’ils sont habilités par l’autorité préfectorale, peuvent effectuer différentes opérations de contrôle :
- faire des palpations de sécurité (c'est-à-dire passer les mains sur les habits d’une personne pour s’assurer qu’elle ne porte pas une arme)
- ouvrir et regarder à l’intérieur d’un sac sans le fouiller. (...Ces mesures, prévues par le code de la sécurité intérieure (art. L613-2), sont appliquées en cas de circonstances particulières et motivées par arrêté du préfet. Elles sont soumises au consentement de la personne contrôlée."

Source: http://www.risques.gouv.fr/menaces-terroristes/le-plan-vigipirate/questions-frequentes

Après pour répondre à la question initialement posée: je trouve toujours ça très drôle de voir que les centres commerciaux qui disposent d'un parking sous-terrain ne fassent pas l'effort de filtrer les gens qui viennent de l'extérieur par le biais du parking... On fouille les gens qui sont éloignés du centre, mais pas ceux qui viennent avec leur voiture directement au centre...