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La prison de Birmingham «déprivatisée» en urgence

22 Août 2018 , Rédigé par 83-629 Publié dans #Revue de Presse

Après une inspection intensive, le gouvernement britannique a décidé lundi de reprendre la gestion d'une prison anglaise, jusqu'à présent assurée par la société de sécurité privée G4S, accusée d'avoir négligé le bien-être des détenus et des employés.

Le ministère britannique de la Justice a décidé lundi que le gouvernement reprendra à l'entreprise privée G4S la gestion de la prison HMP de Birmingham (centre de l'Angleterre), trouvée dans un état dramatique, lors de la dernière inspection effectuée entre le 30 juillet et le 9 août.

Aussitôt interrogé par la Radio BBC, Peter Clarke, le chef inspecteur des prisons, a confirmé que l'état de la prison s'était complètement détérioré depuis l'an dernier, et a parlé de violence, de drogues et du cruel manque d'hygiène au sein de l'établissement qui accueillait le mois dernier 1 269 détenus au total. Il a ajouté n'avoir «jamais vu une prison dans un tel état» de toute sa carrière. Selon le journal The Independent, le comité de surveillance indépendant avait déjà mis en lumière par le passé de sérieux problèmes de circulation de substances psychoactives, de surpopulation carcérale et d'insalubrité extrême. Les rats et cafards se promenaient au pied des prisonniers, et les couloirs étaient maculés de sang et de vomi, le tout enfumé par l'odeur de cannabis.

Le gouvernement prend ainsi le contrôle de la prison dite de «catégorie B», pour une durée de 6 mois minimum, avant de renégocier la délégation. Sa première initiative a été de transférer plus de 300 prisonniers vers d'autres centres, en vue de soulager la pression sur les surveillants pénitentiaires. Le contrat signé pour 15 ans par la société G4S en 2011, qui leur confiait l'administration de l'établissement, est donc rompu bien avant la fin de son terme.

Le secrétaire d'État aux prisons Rory Stewart a reconnu à la chaîne de télévision Sky News que la situation était «inacceptable» voire «choquante». Il a par ailleurs assuré que les frais de cette «déprivatisation» de l'établissement ne seraient pas à la charge des contribuables, mais assumés par G4S.

Des surveillants cloîtrés dans leurs bureaux

Certains détenus préféreraient toutefois rester dans leurs cellules, d'après The Guardian, et des surveillants pénitentiaires, effrayés par la violence d'autres condamnés, choisiraient de se cloîtrer dans leurs bureaux. Le plus alarmant, c'est leur «quasi-impunité», a souligné Peter Clarke sur la BBC.

Construit en 1849, le centre pénitentiaire de Birmingham, exclusivement masculin et à la capacité globale de 1 450 détenus, avait également fait l'objet d'une importante émeute en 2016 et avait été qualifié de «prison la plus violente du pays». Plus récemment, la presse britannique diffusait la photo de 9 véhicules, dont quelques voitures d'inspecteurs, brûlés dans le parking situé à l'extérieur de la prison de Birmingham.

Lancée dans les années 1990, la politique d'investissement dans le secteur privé concernant le système pénitentiaire risque avec ce scandale et ces mesures drastiques d'être remise en question dans le pays.

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Platinium 22/08/2018 17:31

Mais .. Les États sont au courant que privatiser = payer moins cher = salaires misérables = moyens limités ?