Profil

  • 83-629
  • Passionné de la sécurité privée - Titulaire de la licence professionnelle "Sécurité des biens et des personnes option management" à l'Université Paris Descartes / SSIAP 1 à 3 / BP ATPS et CAP APS
  • Passionné de la sécurité privée - Titulaire de la licence professionnelle "Sécurité des biens et des personnes option management" à l'Université Paris Descartes / SSIAP 1 à 3 / BP ATPS et CAP APS

Actu' en live

Recherche

30 décembre 2013 1 30 /12 /décembre /2013 08:00

« Intoxication respiratoire massive. » L’idée, hier soir, n’était qu’une simple hypothèse (il faudra attendre l’autopsie des trois victimes pour le confirmer), mais était partagée par les pompiers et le SAMU : « L’enquête le dira, mais les symptômes que nous avons vus ressemblaient bien à cela », explique Patrick Goldstein, chef du SAMU du Nord. « La combustion de mousse de matelas génère des gaz très nocifs, avec parfois du cyanure », poursuit le colonel Alain Chuffart pour les pompiers. « Avec des vapeurs de cyanure, toutes les commandes nerveuses s’arrêtent instantanément, confirme M.Goldstein. Les personnes tombent en moins de cinq minutes, parfois à quelques mètres de leur porte d’entrée. Nous avons des antidotes pour cela, nous les avons administrés tout de suite (aux trois victimes d’Hellemmes), mais c’était déjà trop tard. »

 

Trop tard parce que personne ne s’est aperçu de rien avant le retour de la mère des deux enfants. Ceux-ci étaient pourtant accompagnés d’un adulte – leur grand-mère – dans l’appartement. Était-elle dans une autre pièce, lorsque les vapeurs toxiques (s’il s’agit bien de cela) ont commencé à se diffuser ? Elle n’aurait alors pas eu le temps d’agir…

« N’attendez pas 2015 ! »

Le piège qui semble s’être refermé sur les trois occupants de l’appartement aurait pourtant pu être déjoué, grâce à un détecteur de fumée. Sa sonnerie stridente aurait alerté l’adulte présent à temps ou, à défaut, peut-être, un voisin. « Aujourd’hui, ces appareils coûtent entre vingt et trente euros, souligne le colonel Alain Chuffart. Ils ne seront obligatoires qu’en 2015, mais il ne faut pas attendre jusque-là et s’équiper tout de suite dans les habitations ! »

 

Une opinion partagée, hier soir, par Évelyne Ledez, adjointe au maire d’Hellemmes, déléguée à la solidarité. C’est par le biais du CCAS de la commune que la famille des victimes avait été relogée il y a un an dans cet appartement HLM, entièrement rénové mais, donc, avant l’obligation d’installer des détecteurs de fumée. Selon Évelyne Ledez, il faudrait inciter les locataires à s’équiper : « Il y a peut-être un travail à faire là-dessus avec les familles. Il ne faut pas attendre 2015. » A. D.

Hier soir, la ville mettait en place des procédures « pour l’accompagnement de la famille dans ce drame, et son relogement à Hellemmes ».

Des précédents tragiques

Depuis le début de l’année 2013, le feu a déjà fait près de 17 morts dans le Nord - Pas-de-Calais auxquels viennent s’ajouter les trois victimes décédées dans le tragique incendie d’Hellemmes, hier. Le département du Nord paye le plus lourd tribut : 13morts. Le Pas-de-Calais compte, lui, quatre morts à la suite d’incendies. Dernier drame en date, la mort d’une personne âgée d’une soixantaine d’années ayant des difficultés à se mouvoir, dans une maison en bois à Lens, dans la matinée du vendredi 6 décembre. Les pompiers de Lens et Liévin étaient parvenus à pénétrer à l’intérieur de l’habitation, mais il était déjà trop tard.

 

Par ailleurs, une information judiciaire est toujours en cours après la mort de 4 jeunes, de 19 à 21ans, décédés des suites de blessures provoquées par l’incendie d’un bâtiment de l’ancienne filature Saint-Liévin à Wattrelos dans la nuit du 24 au 25 mai. Les quatre amis s’étaient introduits dans l’usine désaffectée et avaient, selon la police, allumé un feu. L’équipe de gardiennage du site était arrivée en même temps que les pompiers, malgré un dispositif de caméras de surveillance.

 

Comme un funeste écho, les pelleteuses démolissaient, début décembre, un immeuble en ruine, boulevard de Beaurepaire à Roubaix. C’est là qu’ont péri dans les flammes, au petit matin du 20 août 2006, six personnes habitant cet ensemble insalubre et propriété d’un marchand de sommeil. Peut-être le pire incendie survenu dans un immeuble d’habitation ces dix dernières années dans la région.

 

 

http://www.lavoixdunord.fr/region/drame-a-lille-hellemmes-il-aurait-fallu-un-detecteur-ia0b0n1808761

Partager cet article

Publié par 83-629
commenter cet article

commentaires