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  • Passionné de la sécurité privée - Titulaire de la licence professionnelle "Sécurité des biens et des personnes option management" à l'Université Paris Descartes / SSIAP 1 à 3 / BP ATPS et CAP APS
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20 février 2013 3 20 /02 /février /2013 08:00
Patrouilles de rue, surveillance de bâtiments communaux et enquêtes des services sociaux, les agents de sécurité privée remplacent toujours plus la police. Une enquête de la RTS révèle que 165 communes font appel à des entreprises privées. Or certaines patrouilles ne sont pas autorisées.
Veste noire, bottes de combat et pistolet, les agents de Phœnix Security patrouillent dans les rues d'un village fribourgeois. Comme chaque soir, ils accomplissent à pied ou en voiture des missions confiées par des communes. Une scène banale en terre romande: selon l'enquête de RTSinfo diffusée au 19:30, plus de 165 municipalités sous-traitent des tâches de police à des privés.

En Suisse, ils sont 14 000 à travailler pour des agences du type Securitas ou Protectas, selon les chiffres du VSSU, l'association faîtière de la branche. Rien que dans le canton de Vaud, on compte 45 entreprises et 2367 agents de sécurité reconnus. Il y a près de deux fois plus d'agents privés que de policiers en Suisse romande. Des entreprises qui se sont lancées sur un nouveau marché, les mandats publics.

De la peine à répondre à la demande

Les communes qui sous-traitent des tâches de sécurité aux entreprises privées. [DR]

  Les communes qui sous-traitent des tâches de sécurité aux entreprises privées. [DR]

 

Depuis quelques années, les mandats publics explosent. Pour une entreprise comme Phœnix Security, c’est près de 15% du chiffre d'affaires. Créée en 2005, la société basée à Givisiez emploie 87 collaborateurs. "Nous avons de la peine à répondre à toutes les demandes des communes, c’est un marché en pleine expansion", analyse le directeur de Phœnix Security, Frédéric Schouwey. 

Rien qu'en Suisse romande, plus de 165 municipalités font appel aux entreprises de sécurité. A Genève, près de 80% des communes confient aux privés des tâches de police. Des chiffres obtenus après une longue enquête où nous avons contacté et analysé l’ensemble des communes romandes.

Les missions sont toujours plus variées

L'étendue des tâches varie de la simple surveillance d'école à la délégation quasi complète du travail de la police municipale. Certaines communes confient même le travail d'huissier et d'enquête pour les services sociaux. Ce sont surtout des communes de l'Arc lémanique, plutôt aisées comme St-Sulpice, Prilly et Bellevue, qui font appel à des privés.

Le syndic de Trélex, Antonio Bilardo, explique ce choix. "Nous avons constaté une augmentation de la petite délinquance. Il fallait réagir. Nous avons engagé depuis 3 mois des agents pour garantir une présence en uniforme dans les rues. Ceci pour rassurer la population." Un contrat de prestation qui coûte plus de 50'000 francs à la petite commune vaudoise.

Des patrouilles non autorisées

Au niveau cantonal, la conseillère d'Etat, Jacqueline de Quattro considère que ces communes vont trop loin. "Les entreprises privées sont soumises au concordat latin, elles ne peuvent et ne doivent pas remplacer la police. Les patrouilles d'agents privés dans les communes ne sont pas autorisées".

Impossible de faire autrement, rétorque le syndic de Trélex. "La police n’est pas suffisamment présente dans nos rues". Communes et cantons s'accordent toutefois sur une chose: la police a besoin de plus d’effectifs.

Le manque est tel que même à l'intérieur des postes de police, comme à la Blécherette, des entreprises privées sont mandatées. Plusieurs employés Securitas travaillent dans les bureaux, ainsi que pour aider à la gestion des prisonniers.  A tous les niveaux de l'Etat, la privatisation des tâches de police est en augmentation, plus rien ne semble être un tabou.

 

Dimitri Zufferey et François Ruchti

 

Voir un reportage vidéo ici:

http://www.rts.ch/info/suisse/4257565-les-communes-romandes-sous-traitent-de-plus-en-plus-la-securite-a-des-prives.html

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Publié par 83-629 - dans Revue de Presse
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